COVID-19 et pauvreté 

L’incidence de la pandémie sur l’objectif de développement durable nº 1

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La pandémie de COVID-19 a clairement démontré qu’une société ne peut pas être plus forte que son maillon le plus faible, ce qui est vrai tant pour la santé de sa population que pour son économie. 

Selon le Programme alimentaire mondial, plus de 265 millions de personnes vivent dans une insécurité alimentaire extrême en 2020.

D’après l’Organisation internationale du Travail, la pandémie devrait entraîner une baisse de 60 % des revenus pour 1,6 milliard de travailleurs informels, alors que la moitié de la population mondiale tente de survivre sans aucune protection sociale.

Dans ce contexte, la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté cette année est plus importante que jamais. 

Néanmoins, la Banque mondiale estime que nous assisterons à la première recrudescence de la pauvreté depuis 1998. Selon le PNUD, le développement humain devrait régresser pour la première fois depuis que nous avons commence à le mesurer en 1990.

Les nouvelles personnes touchées par l’extrême pauvreté seront concentrées dans des régions déjà fortement atteintes par la pauvreté comme l’Asie du Sud ou l’Afrique subsaharienne. 

Les retombées sociales, économiques et politiques de la pandémie, qui ne fait que commencer, feront partie de nos vies pour les années à venir.

La mesure de la pauvreté

Le PNUD est conscient que la pauvreté est un problème complexe.

L’indice de pauvreté multidimensionnelle reconnaît que la pauvreté prive les familles de la capacité de vivre dignement, qu’il s’agisse d’éducation, de sécurité, ou de santé. 

En exploitant tous ces facteurs, la pandémie de COVID-19 va créer un nouveau sous-prolétariat mondial, avec tous les bouleversements sociaux et politiques que cela pourrait entraîner. 

Des responsables de l’ONU ont déjà averti que nous pourrions assister à une augmentation des troubles, des conflits et de la famine.

Avant la pandémie de COVID-19, l’ONU affirmait que le secteur du tourisme avait connu une croissance plus rapide que l’économie mondiale pendant dix ans.

Une industrie au bord du gouffre

Il représentait 7 % du commerce mondial et employait une personne sur dix. Aujourd’hui, jusqu’à 120 millions d’emplois directs sont menacés, en grande partie dans l’économie informelle. 

Même si on enregistre très peu de cas de COVID-19, des pays comme le Vanuatu souffrent parce que leur économie dépend fortement du tourisme. 

De nombreuses communautés rurales africaines, qui protègent des espèces menacées, sont totalement dépendantes de l’écotourisme et du tourisme d’observation de la faune sauvage. 

Les femmes et la pauvreté

La pandémie de COVID-19 rend les femmes plus pauvres et nuit à leur sécurité.

L’outil Gender Tracker du PNUD révèle que les mesures prises par la plupart des pays sont insuffisantes. L’outil de suivi couvre plus de 2500 mesures prises dans 206 pays sur la violence domestique, le travail de soins non rémunéré et la sécurité économique des femmes. 

On a ainsi constaté qu’un pays sur cinq n’avait pris aucune mesure pour aider les femmes, et que seulement 12 % d’entre eux avaient pris des mesures couvrant ces trois domaines. 

De nouvelles données de l’ONU-Femmes et du PNUD montrent que 47 millions de femmes supplémentaires vont basculer dans la pauvreté.

Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a fait part de son inquiétude face à « l’effroyable » augmentation de la violence domestique liée au stress économique.

L’heure est venue d’avoir des idées audacieuses 

Nous atteignons un point de rupture qui nécessite une action cohérente et immédiate.

Le PNUD a demandé la mise en place d’un revenu minimum provisoire pour protéger les plus pauvres dans le monde, en particulier les femmes, les personnes handicapées et les migrants.

Revenu Minimum Provisoire

Une telle mesure apporterait aux familles une relative sécurité financière et aiderait à ralentir la propagation du virus en permettant aux gens de rester chez eux. 

Le PNUD a évalué les effets de la pandémie de COVID-19 dans plus de 60 pays. Selon nos estimations, garantir un revenu minimum à 2,8 milliards de personnes vivant au-dessus du seuil de pauvreté dans 132 pays coûterait 199 milliards de dollars par mois. 

− Achim Steiner, Administrateur du PNUD.

« Cette période inédite exige des mesures sociales et économiques inédites. L’introduction d’un revenu minimum provisoire pour les populations les plus pauvres dans le monde est apparue comme une possibilité. Il y a seulement quelques mois, cela aurait pu sembler impossible. »

Notre initiative Inspecteurs des impôts sans frontières, lancée conjointement avec l’OCDE, aide les pays en développement à percevoir les impôts que leur doivent les entreprises multinationales. En juin, 537 millions de dollars avaient pu être récupérés.

Notre partenariat avec The Lion’s Share, a permis de récolter 3 millions de dollars pour 40 communautés qui dépendent de l’écotourisme et du tourisme d’observation de la faune sauvage pour leur subsistance. 

Le Cadre d’action mondial aidera 14 pays dans cinq régions à améliorer leurs filets de protection sociale grâce au Fonds commun pour les ODD. 

Revenu Minimum Provisoire

Une telle mesure apporterait aux familles une relative sécurité financière et aiderait à ralentir la propagation du virus en permettant aux gens de rester chez eux. 

Opportunités en temps de crise

Alors que nous entrons dans une Décennie d’action pour atteindre les Objectifs de développement durable, nous devons nous dirigez vers une refonte pour reáliser pleinement la vision de l'Agenda 2030.

La réponse du PNUD à la crise provoquée par la pandémie de COVID-19 est conçue pour aider les décideurs à faire les bons choix sur des questions liées à la gouvernance, à la protection sociale, à l’économie verte et les perturbations numériques.

Le monde entier doit œuvrer pour endiguer la crise socioéconomique, assurer une reprise durable et s’orienter résolument vers une économie verte.

Ensemble, nous avons l’occasion de faire un bond en avant vers un avenir inclusif, pacifique et résilient, tout en gardant à l’esprit les Objectifs de développement durable.

Crédits

pg1, Dech St/Shutterstock.com; 
pg2, Rusell Tate/Unsplash.com
pg 3,  Thought Catalog/Unsplash.com;
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pg 8, @marjanblan/Unsplash.com
pg 9, @photography_by_dumortier/Unsplash.com 
pg 10, CalypsoArt/Shutterstock.com; 
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